2. Les start-up, un modèle viable ?
Certes, les start-up ont actuellement le vent en poupe, se multipliant et se démultipliant au fil des heures, voire au fil des minutes. Mais ne regarder que du côté de la création des entreprises sur le Net serait porter des oeillères, car il ne faut pas oublier que si des start-up naissent tous les jours, il en est aussi qui disparaissent. " Peut-être est-ce un phénomène marginal ", me répondrez-vous, d'une voix grisée par l'euphorie ambiante. Détrompez-vous ! Bien que des données exactes et précises sur le phénomène "start-up" fassent encore défaut, il semble bien que le nombre de sociétés Web qui dépassent leur première année d'exercice, voire qui l'atteignent seulement, soit relativement faible. Une étude récente de l'INSEE, citée par Libération le 17 avril 2000, précise ainsi que 60% des PME tous secteurs confondus ne voient pas la fin de leur troisième année. Autrement dit, c'est ici la viabilité du modèle "start-up" qui pose problème ; les start-up seraient-elles seulement un phénomène de mode ? L'enthousiasme qu'elles suscitent serait-il disproportionné ? Faut-il craindre un retournement brutal de la situation, menaçant et l'économie et la société, qui se seraient laissé séduire à tort par ce que l'on a désormais tendance à considérer comme la "troisième révolution industrielle" ? De telles interrogations, sujettes à polémiques, sont omniprésentes dans les réflexions contemporaines que suscite l'évolution de nos sociétés. De fait, le phénomène des start-up est loin d'être consensuel ; partout, des voix s'élèvent pour critiquer l'optimisme ambiant, pour souligner que les start-up, et la "nouvelle économie" dont elles sont le moteur et le symbole, doivent être envisagées avec prudence et modération. S'agirait-il là d'un combat d'arrière-garde ? Certaines des critiques, en tout cas, paraissent justifiées ; du moins les angoisses qu'elles révèlent sont-elles légitimes. Ainsi, on ne peut nier que le décalage qui existe entre la valorisation boursière des start-up et leur rentabilité financière est trop accentué pour que le modèle économique de celles-là soit viable sur le long terme. Nul doute que le marché - et c'est là un point défendu par de nombreux spécialistes en la matière - apportera tôt ou tard des corrections à un tel déséquilibre. C'est du reste cette analyse que semble avoir confirmé la chute vertigineuse des cours du NASDAQ (le nouveau marché, aux Etats-Unis) courant avril. Il est donc fort à parier qu'un phénomène de concentration sectorielle se profile, visant à limiter le nombre d'acteurs par activité, corrigeant ainsi les débordements actuels. |
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