3. Où les trouver : incubateurs et géographie parisienne des start-up. La nurserie : concept et géographie. De vraies nurseries. Les start-up, jeunes pousses, ont irrésistiblement besoin d'être choyées et engraissées ensemble au sein d'un même espace, appelé "pépinière" ou "incubateur" empruntant ainsi au vocabulaire agricole ou médical. Le concept d'open space En France, le monde de l'Internet est encore un petit milieu. Beaucoup ont déjà partagé des locaux dans des pépinières de grandes surfaces rapidement transformables en open space nécessaire pour mieux faire circuler l'information , les idées, les hommes. A Paris, ces pépinières ont élu domicile à République (Republic Alley) ou dans le Sentier (Silicon Sentier) motivées par la proximité du réseau télécom de la Bourse. «Pour ces start-up, les liaisons Internet rapides, c'est comme les rivières pour les tanneurs», commente Stéphane Boujnah, chargé des nouvelles technologies à Bercy. Concernant le Sentier; les prix sont encore abordables pour une installation en plein centre de Paris : entre 800 et 1 200 francs le mètre carrés il y a six mois ; un peu plus aujourd'hui. D'autre part; le quartier jouit de mythes fondateurs, ceux d'un Eldorado du textile où de modestes gens ont bâti des fortunes colossales et où, souvent, les lanceurs de start-up sont les cousins des rois du textile. Incubateurs cherchent jeunes pousses La pépinière a pour but avoué d' héberger et de "bichonner" les start-up, ces entreprises technologiques très prometteuses, depuis leur naissance jusque - au moins - le premier investissement financier qu'elles recevront. Dans le Sentier (rebaptisé "Silicon Sentier" par ses nouveaux occupants), on voit les choses en grand. Défi Start-up a loué un immeuble de la rue des . Jeûneurs. Une demi-douzaine d'entreprises en création sont déjà là. Le mobilier est rudimentaire, l'ambiance studieuse, jeune et détendue. Un peu plus loin, rue du Faubourg du Temple, Republic Alley a déjà accueilli les premiers incubés. Ces incubateurs de la nouvelle économie apparaissent de tous côtés: StartupAvenue et Kangaroo Village privilégient les projets B2B (relations interentreprises), People Venture s'est spécialisée dans l'élevage de start-up de l'agrobusiness et des biotechnologies. Les «jeunes pousses» sont parquées côte à côte.Chacune a son espace, un espace pas trop grand pour en loger un maximum. Puis elles se dotent de moyens financiers (de l'ordre de 5 millions de francs) et conseils. Durée de séjour: un an en moyenne. Ensuite, l'entreprise doit voler de ses propres ailes afin libérer la place pour d' autres jeunes pousses.. En contrepartie des attentions prodiguées, l'incubateur prend une part de son capital qui peut aller jusqu'à 30 % avec, au bout de la chaîne, l'entrée en Bourse, sur laquelle l'incubateur mise pour encaisser une plus-value. L'incubateur n'est pas une espèce nouvelle. Mais traditionnellement, ce sont les universités ou les grandes écoles qui les créent pour lancer leurs étudiants. Ou bien les grands groupes (Vivendi, groupe Arnault, PPR, France Télécom) pour anticiper les évolutions du marché et placer des fonds. La nouveauté, en France, réside dans l'éclosion d'incubateurs privés et indépendants. Le mouvement est parti des Etats-Unis. En Europe, ils se sont développés en Grande-Bretagne, en Hollande et en Suède (Speed Venture). Les incubateurs de la nouvelle économie ont ceci de particulier qu'ils sont eux mêmes des start-up. Comme elles, ils lèvent des fonds (plusieurs dizaines de millions de francs généralement), distribuent des stock-options aux équipes, visent l'introduction en bourse avant la fin de l'année et préparent l'ouverture de bureaux à l'étranger. Paris et le désert français ? Hors la capitale, il n'existe pas encore de territoire qui puisse aujourd'hui revendiquer le label «Silicon quelque chose». On peut toutefois citer Sofia Antipolis: ce lieu proche de Nice, créé pour accueillir les nouvelles technologies, joue son rôle de nidification de créateurs d'entreprise de la Net économie. Pas surprenant vue la concentration d'ingénieurs et la présence de grands groupes informatiques. Le Nord-Pas-de-Calais, et sa culture de Vente Par Correspondance (La Redoute, les 3 Suisses...), est souvent cité pour ses initiatives. Quelques start-up auraient émergé dans le sillage de Nord Entreprendre et de Leonardo. Alès, dans le Gard, bénéficie aussi d'un avantage, son Ecole des mines, qui devrait drainer une myriade de PME. |
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