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1. Le krach...

Net-économie : après le krach, on restructure

Après la vague des pionniers, la professionnalisation du Net est en marche dans la foulée de la crise boursière des dernières semaines. Les regroupements, rachats, alliances et ventes à l'encan se succèdent dans une industrie qui atteint un stade de maturité.

                                                Retour sur terre pour Boo.com

Le 18 mai 2000, l'entreprise Boo.com spécialisée dans la vente de vêtements et d'articles de mode « branchés », présentée il y a quelques mois comme l'une des futures stars de la Toile, a annoncé sa mise en liquidation, lâchée par ses actionnaires. Cette onde de choc marque un symbole du retour sur terre que sont en train d'opérer les investisseurs et les opérateurs de la net-économie.Sur le Web, tout va plus vite. Après une croissance foudroyante, puis une crise boursière rapide, Internet est déjà entré dans une phase de restructuration accélérée.

Après la vague des pionniers, la professionnalisation du Net est donc en marche. Mark Doyle, professeur au MIT, a identifié trois typologies d'activité : les générateurs de trafic (fournisseurs d'accès, portails…), le e-commerce , incluant les nouveaux métiers de service en ligne (ventes aux enchères, achats groupés) ; enfin, les facilitateurs , fournisseurs de l'infrastructure de la Toile et de ses activités marchandes (logiciels, logistique…). Pour l'heure, seuls ces derniers reposent sur un modèle économique viable, car relevant de l'économie traditionnelle. Encore faut-il qu'ils aient les bons outils de production. 

                                               Une menace générale à relativiser

Certains ( comme Viviane Forrester, Une Etrange Dictature )avancent un chiffre choc : 95% des start-ups sont promises à une disparition -faillite ou acquisition- au cours des 2 prochaines années ce qui peut paraître elevé. Pourtant,il ne faut pas oublier le fait que la très grande majorité des start-ups n’est pas cotée en bourse. Sans compter celles qui n’ont pas encore gagné les faveurs d’un investisseur ou d’un incubateur. L'idée que les investisseurs ne laisseront pas "leur" compagnie faire faillite ne s'applique pas à toutes les micros-entreprises de la net-économie

On sait que de plus en plus d'entreprises traditionelles (les “incumbents”) se lancent enfin dans le e-commerce. Et les avantages concurrentiels des jeunes start-ups sont encore très faibles. En phase d'acquisition de consommateurs (land grabbing), les "incumbents" peuvent jouer sur leur marque, leur connaissance des marchés, leurs ressources financières. Et leur retard technologique peut se combler en utilisant des spécialistes ( comme les fameux eCommerce Integrators). De fait , il apparaît difficile de mettre en doute les bénéfices et le potentiel liés a l'e-business. Personne ne prédit la déroute des grands de l'internet (Yahoo, Amazon and co). Il n'en reste pas moins vrai que comme dans toute industrie, nous sommes probablement à l'ammorce d'un "shake-out", où les grands grandissent, et les petits (qui forme l'immense majorité des start-ups) disparaissent (y compris par acquisition). L'étonnant est que ce shake-out surgisse 5 ans à peine après l'avénement de cette e-industrie. Sur le Web, tout va vraiment plus vite !

 

 

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