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2. Cybersexisme.

 

Alors que le thème de la parité homme/femme s'installe un peu partout, il semble utile de se demander si ladite parité représente un élément d'analyse pertinent pour comprendre le monde des start-up. Or force est de constater que ce petit univers est, pour l'essentiel, composé d'hommes, les femmes ne représentant qu'une population marginale. Ainsi, dans le "Net 20", classement des meilleures réussites du Net élaboré par le Journal du Net en collaboration avec l'hebdomadaire Stratégies, seules trois femmes sont présentes : Anne Sinclair (responsable du site web de TF1), Orianne Garcia (co-fondatrice de Caramail, un service de courrier électronique sur le Web) et Carole Liscia (directrice marketing du fournisseur d’accès Liberty Surf).

Plus généralement, le monde des nouvelles technologies semble reproduire les anciennes divisions sexuelles du travail. Les hommes sont à la direction et aux postes techniques tandis que l'on retrouve les femmes au marketing ou à la communication. En outre, les créateurs de start-up sont bien plus souvent des créateurs que des créatrices. Il y en a certes quelques-unes, très médiatisées et qui donnent au public la fausse impression qu'elles sont nombreuses : Orianne Garcia, suscitée, Anne-Sophie Pastel, fondatrice de Aufeminin.com, Chine Lanzmann, créatrice de Desfemmes.com, ou encore Alexandra de Waresquiel, créatrice de Newsfam.com... Des femmes qui réalisent donc, pour l'essentiel, des sites féminins. Mais ces quelques exemples ne doivent pas masquer la réalité du cyber-monde : selon l'Agence pour la création d'entreprise (APCE), la part des femmes entrepreneurs dans les nouvelles technologies serait de 15% contre 30% tous secteurs confondus.

Comment expliquer la reproduction de tels schémas, que certains qualifieront d'archaïques, dans ce secteur des NTIC alors même qu'il se présente comme un univers jeune, dynamique, voire révolutionnaire ? Il nous semble qu'il existe au moins trois types d'explication.
La première, c'est qu'en grande majorité les investisseurs et autres business angels sont des hommes et qu'ils ont peut-être plutôt tendance à faire confiance à leurs "semblables", à savoir les autres mâles. Ce trait n'est d'ailleurs pas caractéristique du monde des start-up : on le retrouve peu ou prou dans tous les secteurs de l'économie.
Seconde explication, plus "culturelle" : depuis tout petit, les garçons se gavent de jeux vidéos (qui leur sont d'ailleurs souvent explicitement destinés car reprenant tous les stéréotypes de la masculinité/virilité : baston, kung-fu, voitures, football...), beaucoup plus que leurs petites camarades. De cette socialisation précoce avec l'univers informatique, les garçons tireront ensuite largement partie dans leur vie professionnelle : ils représentent déjà de 85 à 90% des effectifs dans les filières informatiques et techniques des universités et écoles; et on les retrouve ensuite logiquement en écrasante majorité dans les start-up.
Troisième type d'explication : le rythme de travail exigé dans le monde des start-up (17-18 heures de travail par jour) peut certes convenir à une femme célibataire, mais beaucoup moins à une femme mariée et encore moins à une mère de famille (la répartition sexuelle des tâches ménagères n'a de ce point de vue guère évolué depuis plusieurs décennies.

On le voit, l'univers des start-up, tout moderne soit-il, ne bat pas forcément en brèche les vieux stéréotypes du monde du travail. Cependant, des études récentes montrent que les femmes sont des grandes surfeuses à défaut d'être des entreprenautes, et qu'elles ont tendance à acheter plus facilement en ligne que les hommes... l'essor des sites féminins témoigne de la prise en considération de ce nouveau marché, ce qui pourrait à terme modifier la donne dans le monde des start-up.

 

 

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