3. Comment valoriser une start-up ?
· Position du problèmeLa valorisation dune entreprise
est une problématique complexe puisquun prix est
toujours lopinion de celui qui le met sur
lobjet considéré et elle reflète des hypothèses
et des croyances de nature diverses, chiffrée comme
irrationnelle. Il sagit en premier lieu de
caractériser le modèle de la start-up afin de
comprendre ce qui la distingue dune société de
léconomie dite ancienne et de mettre en cause la
pertinence des méthodes danalyse financière
traditionnelles.
Les métiers des start-up se concentrent sur le secteur commercial et celui des services. Lactivité consiste typiquement
en un rôle dintermédiation. Le site sert de
marché, cest-à-dire de lieu symbolique (on dit
aujourdhui virtuel) de rencontre entre loffre
et la demande. Il participe à la conquête de
linformation parfaite pour le vendeur et
lacheteur et doit permettre idéalement (autrement
dit virtuellement
) la formation du prix
déquilibre. Le site se rémunère par des
commissions sur les transactions et par la publicité
quil diffuse. Intermédiaire, la start-up ne
sencombre pas de logistique cest pourquoi
elle externalise ses coûts en sous-traitant à une
entreprise de transport.
Le positionnement dune société
sur Internet doit être précis et modélisable. Il est
rendu visible par le business plan, document synthétique
qui décrit les sources de revenus ainsi que les sources
de coût du fonctionnement quotidien de lactivité.
La situation dune start-up est
particulière en cela que la société ne fait pas de
profits, mais dimportantes pertes et connaît
pourtant une croissance très forte qui laisse augurer
des temps de profits extraordinaires
Un constat
simpose : les coûts de la firme lemportent
sur ses recettes. A linstar de la définition
initiale des business models (cf acceuil), les start-up
misent des sources de revenus encore embryonnaires, que
ce soit la publicité ou le commerce électronique. Mais
le paradoxe cest que la croissance énorme de la
société réclame toujours plus de fonds. Lappel
au financement par le marché devient alors obligé :
cest le moment où la société entre en bourse
pour augmenter ses fonds propres. · Les méthodes de valorisationLa finance dentreprise utilise
plusieurs méthodes de valorisation qui ont fait leurs
preuves pour évaluer une société. Les
caractéristiques spécifiques des start-up semblent
mettre à mal ces méthodes. Si lon observe les
cours dentrée en bourse de certaines dentre
elles on constate que les envols sont tels que les
méthodes de valorisation sont dépassées. Un débat
oppose donc les experts pour savoir si les start-up sont
surévaluées par un effet dentousiasme
autoréalisateur ou si ce sont les méthodes de la
finance qui doivent être adaptées au cas des start-up.
Lusage
de cette méthode est provocateur car il sagit
dactualiser la valeur future de cash
flows
inexistants ! Pire : les start-up sont des
sociétés jeunes qui nont pas dhistoriques
et font des pertes (à quelques rares exceptions près).
Le break event est comme lhorizon une ligne qui
recule au fur et à mesure quon sen approche.
Néanmoins il faut prendre en compte le fait que ces
sociétés croissent à un rythme extra-ordinaire. La
résolution de cette impasse consiste donc à fonder
lanalyse DCF sur des prévisions de cash flows et
non sur des résultats réalisés.
A nouveau la méthode des multiples ou comparables paraît inadéquate au cas des start-up à cause de leur nouveauté. Cette technique se fonde sur la comparaison de la capitalisation des bénéfices par plusieurs sociétés sur le même moule. Encore une fois une start-up fait des pertes : il ne saurait être question de capitaliser des bénéfices fantôme ! Pourtant si on se penche sur les jeunes pousses françaises on se rend vite compte que du fait du décalage de la France avec les pays anglo-saxons, on peut dénicher une start-up comparable dans un autre pays et qui, introduite en bourse, publie des comptes. A partir de là il est possible de dégager des ratios commerciaux et financiers applicables à notre start-up française comme le gain espéré par internaute, le taux de transformation dun internaute en client Ces rations reviennent de près ou de loin à considérer le chiffre daffaires puisque les résultats nexistent pas. Il reste à reconstruire le modèle sur la start-up concernée à lenvers pour calculer des revenus futurs et valoriser laction de lentreprise. Les méthodes traditionnelles de la
finance de la « vieille » économie sont finalement
utilisables pour valoriser les start-up condition
de prendre en compte les éléments particuliers liés à
celles-ci et décrits ci-dessus, qui se résument à :
rétrécissement du temps, croissance inégalée,
espérances pour lavenir. · Et le krach ? ? ? |
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