1.La recherche de fonds.
· Lappel aux professionnels
Le créateur de start-up quil
soit jeune (la trentaine) ou très jeune (à peine plus
de vingt ans) est caractérisé en général par la
possession dun concept et par sa hargne à trouver
de quoi financer ledit concept pour que le rêve devienne
réalité sonnante et trébuchante.
Puisque les fonds personnels sont
rares voire nuls il faut donc faire appel à des
investisseurs. Il ne sagit pas de Papa-Maman prêts
à tous les actes de bonne volonté pour aider le fils
chéri à réussir mais de véritables professionnels de
linvestissement risqué dont le métier consiste à
tenter de faire fortune en finançant ceux qui veulent
faire fortune.
On distingue les sociétés de
capital-risque ou venture capital, institutions
financières gérant un portefeuille
dinvestissements selon le principe de la
diversification des risques, des business angels,
individus misant leur fortune propre. Les premières sont
contraintes en effet de respecter un ratio de division du
risque formulé de la façon suivante : pas
dinvestissement supérieur à 10% dans la même
entreprise. Les particuliers quant à eux pourraient se
montrer plus présents dans le capital mais telle
nest pas leur seule problématique (cf ci-dessous).
· Un contexte favorable : le
développement du capital-risque , lenvol des
business angels
Le capital-risque est encore
embryonnaire en France, par comparaison aux pays
anglo-saxons :
Pays
Nombre de business angels
Etats-Unis
250.000
Royaume-Uni
50.000
France
Quelques centaines à quelques milliers
Néanmoins des signes de frémissement
apparaissent, comme la création du Nouveau Marché en
1996 à Paris ou le lancement récent de la revue
britannique Venture capital report en France.
Des différences se font
dores et déjà sentir entre les capital-risqueurs
des deux rives de lAtlantique. Les mises des
Américains sont très importantes, et celles des
Français plus modestes. En moyenne une société
investit 5M$ aux Etats-Unis contre 5MF dans notre pays.
Le plus gros fonds français destiné aux start-up pesait
environ 300MF en 1999, aujourdhui ce chiffre a
augmenté fortement (Europ@web de Bernard Arnault). De
plus les Américains souhaitent jouer un rôle actif dans
la gestion quotidienne des affaires de lentreprise
et se font représenter au Conseil dAdministration
; cest moins le cas en France.
Une start-up française est
toujours tentée daller chercher ses fonds auprès
de capital-risqueurs américains non seulement parce que
cette activité est plus mûre aux Etats-Unis (plus gros
volumes, plus grande expérience, esprit
dentreprise plus ancré dans les murs) mais
encore car cela permet davoir demblée un
pied en Amérique du Nord dans la perspective de sy
implanter un jour et que cela renforce le crédit de la
start-up auprès des investisseurs, banquiers,
partenaires français et européens.
· Les investisseurs particuliers :
qui sont-ils, que cherchent-ils ?
Les business angels sont des
nostalgiques des affaires. Conscients des difficultés de
la création dentreprise, ils ne sont pas oublieux
des débuts dune aventure quils sont souvent
eux-mêmes vécue. Ils savent aussi que la fortune, la
leur comme celle des ambitieux starters se fait dans le
développement dun business nouveau, résolument
original et solide. Mi anges, mi démons de
linvestissement ils ne risquent leurs billes
leur patrimoine personnel- que de façon
circonspecte et trient sur le volet le grand nombre de
dossiers prometteurs quils reçoivent. Un dixième
des dossiers passera. Si chacun a ses critères
personnels dévaluation on augure que le sérieux
du manager et la compétitivité de lobjet social
les résument.
| Nom |
Age |
Nombre
dinvestissements |
Somme investie |
Eléments de
carrière |
| Costa-Marini |
69 |
3 |
>20MF |
Fondateur de
Line data |
| Dillies |
54 |
10 |
5MF |
PDG des
Tissages dart de Lys |
| Le
Granché |
44 |
3 |
1MF |
Fondateur de
distributeurs de logiciels |
| Lévy-Lang |
65 |
N/d |
20-50MF |
Ancien PDG de
Paribas |
| Louis |
47 |
20 |
85MF |
PDG
dAssystem |
| Rameau |
60 |
12 |
N/d |
Ancien
directeur de lINSEAD |
Le principe de leur investissement est
de miser une somme issue de leur propre cession
dentreprise ou de dividendes reçus, sur des
projets aussi sérieux quambitieux de création
dentreprise, pour une durée de moyen terme. En
général ils se retirent au bout 2 ou 3 ans pour
réaliser leurs gains. La participation prise reste
minoritaire de sorte que l « ange » ne prend que
peu part à la gestion de lentreprise, laissée à
son fondateur. En revanche il peut avoir une position de
parrain stratégique. Les business angels
napportent pas aux fondateurs dentreprise que
les fonds. Grâce à leur expérience des affaires, ils
sont une source précieuse de conseils, de relations
privilégiées dans un milieu professionnel et jouent un
rôle de garantie pour des investisseurs plus
institutionnels susceptibles dêtre contactés.
Un enjeu essentiel de la
négociation entre le manager de la jeune pousse et le ou
les investisseur(s) est la question de la répartition du
capital. Entre besoins gourmands de fonds et volonté de
garder le contrôle de son entreprise en évitant une
trop grande dilution du capital, le manager doit arbitrer
avec finesse.
Un exemple :
Cibox
Le jeune
fondateur de Cibox, Yacov Gorsd âgé de 25 ans,
présente en 1996 son projet à Dominique Louis, qui
lagrée. Cibox reçoit de sa part 7 millions de
francs. En 1998 lange retourne à son paradis
et empoche une vingtaine de millions : en deux ans il
a triplé la mise !
Si à votre tour vous avez des idées
mais pas de pépettes (!), il vous sera nécessaire de
passer par un intermédiaire averti pour espérer
atteindre un de ces « bienfaiteurs des affaires », car
ne loublions pas : les business angels vivent dans
un éther bien supérieur !
Certains ont même fait leur
métier de cette position de middle man (signe que la
désintermédiation liée à linternet nest
pas si triomphante). On les trouvera aux adresses
suivantes :
Chausson Finance,
conseil en recherche de capital
Professional Networks, réseau très confidentiel de
présentation de projet
Leonardo, anciens
de Stanford qui présentent des projets
Conseils de bon sens pour monter
un projet alléchant :
· développer un produit/service
vraiment innovant qui ait la chance dêtre
leader sur son marché et qui bénéficie dun
avantage de premier entrant
· être placé sur un secteur
à forte croissance
· avoir une connaissance
personnelle aiguë du segment de marché sur lequel
vous vous positionnez
· mesurer la concurrence
existante ou potentielle, être capable de mettre
très vite des barrières à lentrée (rachat
des concurrents, économies déchelles,
gratuité des services proposés
)
Conseils de bon sens pour présenter
votre projet :
· cibler un personnage ayant eu
une expérience professionnelle dans un secteur
proche du vôtre afin de lui faciliter
lévaluation du projet
· mettre en avant les
avantages compétitifs sans pour autant se montrer
dun enthousiasme exagéré
· mesurer de façon prudente
les besoins financiers et les échelonner selon les
étapes de la dynamique de développement (en bref
avoir un business plan sérieux)
· préparer des portes de
sortie à linvestisseur (entrée en bourse,
revente des parts) à un horizon de moyen terme
ETRE PRO !
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